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October

Sécurité ferroviaire à l’ère du digital : comment transformer sans fragiliser les opérations ?

Par Wafa BOUSSARSAR

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Le secteur ferroviaire connaît une transformation profonde portée par la digitalisation des infrastructures, l'automatisation de l'exploitation, la maintenance prédictive, l'intelligence artificielle et le traitement en temps réel des données opérationnelles.

Les nouveaux systèmes de signalisation comme le CBTC (Communications-Based Train Control) ou l'ERTMS (Système européen de gestion du trafic ferroviaire), le développement des outils d'aide à la décision et la multiplication des équipements connectés permettent d'améliorer la régularité, d'augmenter la capacité des lignes et d'optimiser les opérations de maintenance.

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Dans cet environnement fortement connecté, un incident peut rapidement avoir des répercussions sur l'exploitation, la maintenance ou la capacité à prendre les bonnes décisions au bon moment.

Dans son panorama 2025, l’ENISA classe le transport au deuxième rang des secteurs les plus ciblés en Europe, avec 7,5 % des incidents recensés.

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L'enjeu n'est donc plus uniquement de protéger les systèmes informatiques : il consiste à garantir la résilience globale du système ferroviaire et sa capacité à maintenir un niveau de service acceptable en situation dégradée.

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Pour y parvenir, trois priorités doivent être traitées conjointement :

  • Maîtriser les dépendances entre systèmes critiques
  • Assurer la continuité des opérations ferroviaires
  • Intégrer la cybersécurité et la sûreté de fonctionnement dès la conception jusqu’à leur mise en service.

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Maîtriser les dépendances entre les systèmes

L'architecture d'un système ferroviaire moderne repose sur un nombre croissant d'interfaces techniques : signalisation, contrôle-commande, télécommunications, supervision en temps réel, systèmes d'information voyageurs, maintenance assistée par ordinateur et outils décisionnels échangent en permanence des données indispensables au fonctionnement du réseau.

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Les risques peuvent notamment apparaître au niveau des interfaces :

  • Échange de données incomplet
  • Incompatibilité entre applications
  • Défaut de synchronisation
  • Architecture insuffisamment documentée
  • Dépendance excessive à un fournisseur ou à un service numérique.

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Sur des projets de modernisation comme EOLE et NExTEO B-D, cette complexité est renforcée par la diversité des parties prenantes et les métiers impliqués, les contraintes de coactivité, les interfaces techniques et fonctionnelles entre systèmes anciens et nouveaux ainsi que l'obligation de maintenir l'exploitation commerciale pendant les travaux et les transformations.

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L’enjeu est d’identifier ces dépendances avant qu’elles ne deviennent des points de rupture opérationnels.

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Cela implique de cartographier les systèmes, les interfaces et les flux de données, mais aussi d’identifier les fonctions indispensables à l’exploitation. Les équipes projet doivent notamment identifier les dépendances opérationnelles critiques : quels systèmes doivent fonctionner conjointement ? Quelles seraient les conséquences de l’indisponibilité d’une liaison ? Et quelles activités pourraient être maintenues en mode dégradé ?

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Cette analyse permet de vérifier la cohérence de l’ensemble et d’anticiper les difficultés avant l’intégration des solutions.

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INGEVA intervient sur cette vision globale du système à travers l’ingénierie système, la gestion des exigences, l’analyse des interfaces, la coordination technique et l’accompagnement des projets de signalisation et de télécommunication.

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Garantir la continuité du service

La résilience opérationnelle se construit dès la conception, en associant les systèmes techniques, les équipes et les procédures.

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Pour chaque scénario d'incident, qu'il s'agisse d'une perte de communication, d'une indisponibilité applicative, d'une défaillance d'interface ou d'un événement cyber, le dispositif doit prévoir :

  • Les fonctions critiques à préserver et les modes dégradés compatibles avec les exigences de sécurité et de régularité
  • Les responsabilités, niveaux de décision et procédures d’escalade entre exploitation, maintenance, signalisation, télécommunications et support SI
  • Les moyens de repli et les conditions de retour au fonctionnement nominal.
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Des essais et des exercices réguliers permettent de vérifier ces dispositions et d’entraîner les équipes à réagir de manière coordonnée.

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Fiabiliser les outils data et IA

La data et l’intelligence artificielle permettent de détecter des anomalies, d’anticiper les défaillances, d’optimiser la maintenance et d’améliorer la gestion des circulations. Elles aident les exploitants et les mainteneurs à prioriser leurs interventions selon l’état des équipements, les risques et les contraintes d’exploitation.

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Toutefois, ces outils ne doivent jamais devenir un point unique de dépendance. Les modèles d'intelligence artificielle et les plateformes de données doivent rester explicables, supervisés par les équipes métiers et accompagnés de solutions de repli permettant de poursuivre l'exploitation en cas d'indisponibilité des données, de défaillance d'un algorithme ou de résultats incohérents.

Pour les outils d’aide à la décision, les opérateurs doivent conserver la maîtrise des décisions opérationnelles, en s’appuyant sur leur expertise et des procédures éprouvées.

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Dans le cadre de ses missions auprès du Groupe SNCF AST, INGEVA intervient sur la data, l’intelligence artificielle, les systèmes d’information géographique et la valorisation des données ferroviaires, pour rapprocher les outils numériques des besoins de l’exploitation et de la maintenance.

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Sécuriser les projets de la conception à la mise en exploitation

Les systèmes ferroviaires sont conçus pour fonctionner pendant plusieurs décennies, alors que les technologies, les besoins opérationnels, les menaces cyber et les exigences réglementaires évoluent. Leur compatibilité, leur maintenabilité, leur sécurité et leur exploitabilité doivent donc être anticipées dès la conception. Une prise en compte tardive expose les projets à des reprises d’études, des difficultés d’intégration et des retards de mise en service.

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Ces exigences doivent donc être suivies tout au long du projet : expression du besoin, choix d’architecture, spécifications fournisseurs, intégration, essais, homologation, migration et déploiement, jusqu’à l’accompagnement des équipes d’exploitation et de maintenance.

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Préparer le passage à l’exploitation

Le passage vers l'exploitation constitue une phase particulièrement sensible. Une solution peut être techniquement conforme sans pour autant être pleinement adaptée aux contraintes terrain.

Sa mise en exploitation nécessite de vérifier en amont, avec les acteurs concernés :

  • Les interfaces avec les systèmes existants et les mécanismes de supervision
  • Les conditions d’accès, les responsabilités et les procédures d’exploitation et de maintenance
  • Les modes dégradés, les conditions de migration et les procédures de reprise.

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INGEVA accompagne notamment les projets dans la durée à travers l’assistance à maîtrise d’ouvrage et à maîtrise d’œuvre, le pilotage des parties prenantes, la coordination technique, la préparation des essais, les migrations et les déploiements.

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Cette capacité s’illustre dans le cadre de l’AINM, mené aux côtés de SNCF Réseau en Île-de-France, avec près de 60 collaborateurs mobilisés. Sur ce type de projet long et complexe, la fiabilité repose aussi sur la continuité du pilotage, la transmission des connaissances et la coordination entre les nombreux intervenants. INGEVA aide ainsi les acteurs du transport à réduire l’écart entre la solution conçue et les conditions réelles de son utilisation.
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>>> Pour en savoir plus

Transformer sans fragiliser

La digitalisation est devenue un levier majeur pour la performance et la durabilité des transports. Sa réussite dépend toutefois autant de la maîtrise des systèmes que de la capacité des organisations à anticiper les incidents et à accompagner les projets dans la durée.

À travers ses interventions auprès d’acteurs comme SNCF Réseau, le Groupe SNCF et la RATP, INGEVA accompagne les projets au croisement de l’ingénierie système, de la sûreté de fonctionnement, de la cybersécurité et de la transformation digitale.

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Son objectif : permettre aux acteurs ferroviaires de tirer pleinement parti des opportunités offertes par le numérique, en contribuant à préserver la sécurité des circulations, la disponibilité des infrastructures et la continuité des services aux voyageurs.

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Échangez avec les experts INGEVA pour construire des systèmes ferroviaires plus résilients, sécuriser vos transformations numériques et renforcer la continuité de vos opérations.

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À propos de l'auteure
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Wafa BOUSSARSAR
Consultante INGEVA

Forte de six années d’expérience dans le ferroviaire, Wafa BOUSSARSAR est Coordinatrice des Interfaces sur le projet NExTEO B-D, dédié à la modernisation de la signalisation des RER B et D.

Diplômée d’un Master en Gestion de Projet de l’IAE Metz, elle a développé son expertise chez SNCF Réseau et SNCF Voyageurs, en maîtrise d’ouvrage et en maîtrise d’œuvre, de la conception à la mise en service.

Elle coordonne aujourd’hui les interfaces entre métiers, systèmes et partenaires pour assurer leur cohérence, anticiper les impacts croisés et sécuriser les engagements du projet.

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