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June

Automatisation et interopérabilité : en route pour le futur ferroviaire

Faire circuler plus de trains, plus régulièrement, de manière sécurisée et coordonnée, y compris à l’échelle européenne : tel est l’un des grands défis du ferroviaire aujourd’hui.

Pour y répondre, le secteur s’appuie sur des systèmes de plus en plus connectés : signalisation, communication bord-sol, supervision, automatisation de certaines fonctions de conduite, sécurisation des données. Ces évolutions ne sont pas de simples innovations techniques. Elles conditionnent la capacité du rail à gagner en performance, en fiabilité et en interopérabilité.

Derrière cette transformation se joue un enjeu majeur : faire dialoguer des infrastructures, des matériels roulants, des standards européens et des systèmes nationaux parfois très différents. C’est là que l’expertise système et le pilotage projet deviennent essentiels.

Une Europe ferroviaire en quête d’interopérabilité

Historiquement, le ferroviaire européen s’est développé réseau par réseau, avec des règles, des équipements et des systèmes de signalisation propres à chaque pays. Cette diversité reste aujourd’hui un frein à la fluidité des circulations transfrontalières.

L’interopérabilité a justement pour objectif de faire converger ces environnements vers des standards communs, afin qu’un train puisse passer d’un réseau à l’autre avec des systèmes compatibles, compréhensibles et sûrs.

Dans cette dynamique, l’ERTMS (European Rail Traffic Management System), joue un rôle central. Ce système européen de gestion du trafic ferroviaire repose notamment sur l’ETCS, (European Train Control System), qui permet de contrôler les autorisations de mouvement et la vitesse des trains. Il s’accompagne aussi d’une transformation des communications ferroviaires, avec la transition progressive du GSM-R, standard historique, vers le FRMCS, futur système de communication mobile ferroviaire.

Ces évolutions traduisent une tendance de fond : le ferroviaire devient de plus en plus numérique. Les systèmes ne fonctionnent plus isolément. Signalisation, communication, exploitation, matériel roulant et supervision doivent désormais être pensés ensemble.

C’est aussi le sens d’initiatives européennes comme LinX4Rail ou OCORA, qui cherchent à construire des cadres communs pour harmoniser les systèmes ferroviaires. L’enjeu n’est pas seulement de définir des standards, mais de permettre à des technologies nombreuses de fonctionner comme un ensemble cohérent.

Des systèmes plus performants, mais plus complexes à déployer

Cette transformation ouvre des perspectives importantes pour le rail : plus de capacité, plus de régularité, une meilleure sécurité et une exploitation plus efficace. Mais elle rend aussi les projets ferroviaires plus complexes.

Déployer de nouveaux systèmes ne se fait pas sur une page blanche. Les réseaux existent déjà. Ils sont exploités au quotidien, avec des contraintes de sécurité, de continuité de service, de maintenance et de disponibilité des infrastructures. Les nouveaux standards doivent donc cohabiter avec des systèmes historiques, des matériels déjà en circulation et des calendriers propres à chaque pays ou à chaque gestionnaire d’infrastructure.

À cette complexité technique s’ajoutent les contraintes d’homologation. Dans le ferroviaire, chaque évolution doit être démontrée, documentée, testée et validée avant d’être mise en service. Cette exigence est indispensable à la sécurité, mais elle suppose un pilotage rigoureux : suivi des exigences, coordination des acteurs, gestion documentaire, maîtrise des interfaces et anticipation des points de blocage.

La cybersécurité devient également un enjeu structurant. À mesure que les communications bord-sol et les équipements connectés prennent de l’importance, la sécurisation des échanges de données devient une condition de fiabilité et de continuité d’exploitation. Le ferroviaire numérique doit donc être pensé avec une approche globale, intégrant à la fois performance, sûreté, sécurité et résilience.

En définitive, la difficulté n’est pas seulement technologique. Elle réside dans la capacité à industrialiser plusieurs transitions en même temps : harmonisation européenne, modernisation des systèmes, nouvelles communications, homologation et sécurisation des architectures numériques.

C’est précisément dans cette zone d’interface que l’expertise projet et l’expertise système deviennent indispensables.

Des transformations qui se construisent sur le terrain

L’automatisation et l’interopérabilité ferroviaires ne se décrètent pas uniquement à l’échelle européenne. Elles prennent forme dans des projets concrets, au contact des infrastructures, des études, des contraintes d’exploitation et des acteurs terrain.

INGEVA accompagne ces projets à forte dimension système. L’entreprise intervient sur des sujets où la technique ne peut pas être séparée du pilotage : management de projet, coordination des acteurs, suivi des jalons, gestion des interfaces, contract management, planning et gestion documentaire.

Cette approche prend tout son sens dans des projets comme OCORA.

>>> Découvrez en vidéo, notre entretien exclusif avec Stephane Callet, Directeur du projet OCORA

Le projet OCORA, pour Open CCS On-board Reference Architecture, vise à concevoir une architecture de référence ouverte pour les systèmes de contrôle-commande embarqués. Il s’inscrit dans une dynamique européenne d’harmonisation, avec l’objectif de réduire l’obsolescence des systèmes, d’améliorer l’interopérabilité des trains et de préparer les évolutions futures du contrôle-commande ferroviaire.

Dans ce cadre, INGEVA accompagne ce client dans le pilotage opérationnel du projet, en appui au chef de projet et en interface avec les différentes parties prenantes du programme. Son intervention porte notamment sur la structuration et la mise à jour des outils de management de projet, le suivi des workstreams, des jalons, du planning et des indicateurs, la gestion documentaire des espaces projet, ainsi que la préparation des supports de gouvernance.

Cette mission illustre un partenariat de proximité avec le client : au-delà de l’appui méthodologique, INGEVA contribue à sécuriser l’avancement d’un projet collaboratif complexe, à faciliter la coordination entre acteurs français et européens, et à transformer une ambition système en trajectoire projet pilotable.

Une réalité apparaît : le futur ferroviaire se construit dans la capacité à faire dialoguer des systèmes nombreux, des acteurs multiples et des contraintes opérationnelles fortes.

Face à l’automatisation progressive du rail et à l’harmonisation des systèmes européens, l’accompagnement par des experts capables de relier vision système, pilotage projet et réalité terrain devient un levier essentiel pour transformer les ambitions du secteur en réalisations concrètes.

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